Alors que le cours se finissait, Isabelle Le Marchand dit à l'attention des étudiants qui sortaient de l'amphithéâtre : « N'oubliez pas ce que je vous ai dit ! Quand il s'agissait de donner une bonne allure à un texte sacré, les prêtres n'hésitaient pas à faire mettre les hiéroglyphes dans un ordre presque... illogique ! Au revoir ! » Après avoir effacé le tableau, elle sortit à son tour, et alla dans son bureau qu'elle partageait avec les autres professeurs d'histoire ancienne. Alors qu'elle s'apprêtait à prendre son sac à main pour sortir déjeuner, son téléphone sonna. « Bonjour, madame Le Marchand ?
-Elle-même.
-Je ne sais pas si vous me connaissez, dit l'homme à la voix grave, je suis monsieur Materel, Jack Materel.
-Oh, si bien sûr, je vous connais ! Enfin, j'ai entendu parler de vous ! Vous avez écrit un livre sur Pépi II ... J'ai beaucoup aimé.
-Je vous remercie. Je... Vous êtes l'une des plus éminents spécialistes en hiéroglyphes de France, et j'aurais voulu vous proposer quelque chose... Mais je préfère vous l'expliquer de vive voix. Peut-être pourrais-je passer vous voir. Vous avez déjeuné ?
-J'y allais. Mais si vous le désirez, nous pouvons déjeuner ensemble...
-Si cela vous arrange, je veux bien !
-Ecoutez, là je suis à la Sorbonne. Vous voyez où est le département d'Egyptologie à Paris IV ?
-Oui, je vois.
-Et bien monsieur Materel, je vous propose de nous retrouver à mon bureau. Vous le trouverez aisément, mon nom est écrit sur la porte.
-Bien, dans ce cas, à tout de suite, je suis là d'ici dix minutes.
-A tout de suite ! »
Isabelle raccrocha le téléphone. Elle avait lu avec avidité le livre de Jack Materel qui commençait à se faire un nom dans le monde de l'Egyptologie et qui enseignait à Lille III. Elle se l'imaginait ayant une cinquantaine d'années, quelque peu gâteux, les cheveux presque blancs. Aussi, quand la porte de son bureau s'ouvrit quelle ne fut pas sa surprise de se trouver en face d'un homme de son âge, c'est-à-dire entre trente et trente-cinq ans, et qui plus est très séduisant. Lui aussi avait l'air surpris.
«Bonjour. Je... Connue comme vous l'êtes je vous imaginais avec une vingtaine d'années de plus, et quelques cheveux blancs !
-Et bien, comme ça nous sommes deux ce cas ! Je pensais la même chose de vous !! Je connais un petit restaurant sympa pas loin d'ici où nous pourrons discuter tranquillement. Cela vous dit que nous y allions déjeuner ?
-Avec plaisir ! »
Ils se rendirent à pieds jusqu'au restaurant en question. Une fois qu'ils furent installés autour d'un déjeuner fort apetissant, Isabelle prit la parole : « De quoi vouliez-vous me parler au juste ?
-Je me suis adressée à vous, enfin, j'ai pris cette décision de venir vous voir, après avoir lu votre livre, Etudes des papyri du moyen empire et de la seconde période intermédiaire. Récemment j'ai participé à des fouilles sur le site d'Abydos. Nous y avons trouvé de nombreux papyri fort intéressants. Mais nous nous sommes trouvé dans l'impossibilité de traduire un de ces textes. Nous avons transmis une copie de ce papyrus aux plus éminents égyptologues spécialisés dans l'étude des hiéroglyphes de France et d'Allemagne, mais sans qu'aucun d'entre eux n'arrive à le traduire d'une manière cohérente.
-En avez-vous une copie sur vous ?
-J'ai pensé que vous aimeriez voir à quoi ressemble ce papyrus, et j'ai donc pensé à en amener une copie ! »
Il ouvrit sa sacoche et en sortit une chemise de laquelle il sortit une dizaines de feuilles, qu'il tendit à Isabelle. Cette dernière regarda les feuilles avec intérêt. Elle demanda à Jack Materel : « Dites-moi monsieur Materel, avez-vous déjà entendu parlé du papyrus de Stroglan ?
-Oui, vaguement.
-C'est un papyrus datant de la première période intermédiaire. C'est le grand mystère de l'Egyptologie moderne, hormis les mystères de la période amarnienne bien sur. Personne n'a jamais pu traduire ce fameux papyrus. Je l'ai longuement étudié, et il présente des caractères analogues à celui que vous m'avez apporté. C'est dingue... Est-ce que je pourrais garder cette copie ?
-Bien entendu. Je l'avais faite spécialement pour vous, je me doutais que vous voudriez la garder pour pouvoir étudier plus longuement ce texte.
-Je vous remercie. Peut-être la comparaison de ces deux papyri pourrait-elle apporter quelque chose. Je l'espère... Est-ce que vous pourriez m'en dire plus sur ce qui était avec ce papyrus quand vous l'avez trouvé ? »
Jack Materel sortit d'autres feuilles de sa sacoche. « Ce sont les photos des objets qui se trouvaient dans la même 'pièce' que le papyrus. »
Isabelle observa avec intérêt ces photos. « Epoque Amarnienne... » Murmura t-elle.
« Comment cela ? Demanda Jack Materel qui n'avait pas compris ce qu'elle avait murmuré.
-Sur ces objets, on remarque des particularités du style amarnien assez flagrantes.
-J'avais aussi remarqué cela... C'est ce qui me semble le plus bizarre... Si vous dites vous même que ce papyrus est analogue à celui de Stroglan, comment se fait-il que les deux papyri soient distants de plus de 1500 ans ? De plus, que viennent faire des objets du style amarniens près d'un temple dédié à Osiris, Isis et Horus, alors que justement Akhenaton voulait faire détruire toute trace des dieux autres qu'Aton ! C'est vraiment le monde à l'envers !
-Il est vrai que tout cela est assez extraordinaire ! »
Après être sortis du restaurant, ils retournèrent à l'université. Une fois dans son bureau, Isabelle sortit une petite clé de sa poche, avec laquelle elle ouvrit un tiroir de son bureau. Elle en sortit un papyrus. « C'est une copie du papyrus de Stroglan, expliqua t-elle à Jack Materel. On va pouvoir les comparer de plus prés ! »
Ils passèrent une heure à essayer de trouver des points communs aux papyri. Quand Isabelle regarda sa montre, elle s'exclama : « Déjà 14h30 ! Mes étudiants vont m'attendre ! Ecoutez, je vous donne mon numéro personnel, peut-être pourriez-vous m'appeler ce soir, à partir de 20 heures?
-ça ne me pose aucuns problèmes.»
Elle donna donc son numéro de téléphone à l'égyptologue.
-Elle-même.
-Je ne sais pas si vous me connaissez, dit l'homme à la voix grave, je suis monsieur Materel, Jack Materel.
-Oh, si bien sûr, je vous connais ! Enfin, j'ai entendu parler de vous ! Vous avez écrit un livre sur Pépi II ... J'ai beaucoup aimé.
-Je vous remercie. Je... Vous êtes l'une des plus éminents spécialistes en hiéroglyphes de France, et j'aurais voulu vous proposer quelque chose... Mais je préfère vous l'expliquer de vive voix. Peut-être pourrais-je passer vous voir. Vous avez déjeuné ?
-J'y allais. Mais si vous le désirez, nous pouvons déjeuner ensemble...
-Si cela vous arrange, je veux bien !
-Ecoutez, là je suis à la Sorbonne. Vous voyez où est le département d'Egyptologie à Paris IV ?
-Oui, je vois.
-Et bien monsieur Materel, je vous propose de nous retrouver à mon bureau. Vous le trouverez aisément, mon nom est écrit sur la porte.
-Bien, dans ce cas, à tout de suite, je suis là d'ici dix minutes.
-A tout de suite ! »
Isabelle raccrocha le téléphone. Elle avait lu avec avidité le livre de Jack Materel qui commençait à se faire un nom dans le monde de l'Egyptologie et qui enseignait à Lille III. Elle se l'imaginait ayant une cinquantaine d'années, quelque peu gâteux, les cheveux presque blancs. Aussi, quand la porte de son bureau s'ouvrit quelle ne fut pas sa surprise de se trouver en face d'un homme de son âge, c'est-à-dire entre trente et trente-cinq ans, et qui plus est très séduisant. Lui aussi avait l'air surpris.
«Bonjour. Je... Connue comme vous l'êtes je vous imaginais avec une vingtaine d'années de plus, et quelques cheveux blancs !
-Et bien, comme ça nous sommes deux ce cas ! Je pensais la même chose de vous !! Je connais un petit restaurant sympa pas loin d'ici où nous pourrons discuter tranquillement. Cela vous dit que nous y allions déjeuner ?
-Avec plaisir ! »
Ils se rendirent à pieds jusqu'au restaurant en question. Une fois qu'ils furent installés autour d'un déjeuner fort apetissant, Isabelle prit la parole : « De quoi vouliez-vous me parler au juste ?
-Je me suis adressée à vous, enfin, j'ai pris cette décision de venir vous voir, après avoir lu votre livre, Etudes des papyri du moyen empire et de la seconde période intermédiaire. Récemment j'ai participé à des fouilles sur le site d'Abydos. Nous y avons trouvé de nombreux papyri fort intéressants. Mais nous nous sommes trouvé dans l'impossibilité de traduire un de ces textes. Nous avons transmis une copie de ce papyrus aux plus éminents égyptologues spécialisés dans l'étude des hiéroglyphes de France et d'Allemagne, mais sans qu'aucun d'entre eux n'arrive à le traduire d'une manière cohérente.
-En avez-vous une copie sur vous ?
-J'ai pensé que vous aimeriez voir à quoi ressemble ce papyrus, et j'ai donc pensé à en amener une copie ! »
Il ouvrit sa sacoche et en sortit une chemise de laquelle il sortit une dizaines de feuilles, qu'il tendit à Isabelle. Cette dernière regarda les feuilles avec intérêt. Elle demanda à Jack Materel : « Dites-moi monsieur Materel, avez-vous déjà entendu parlé du papyrus de Stroglan ?
-Oui, vaguement.
-C'est un papyrus datant de la première période intermédiaire. C'est le grand mystère de l'Egyptologie moderne, hormis les mystères de la période amarnienne bien sur. Personne n'a jamais pu traduire ce fameux papyrus. Je l'ai longuement étudié, et il présente des caractères analogues à celui que vous m'avez apporté. C'est dingue... Est-ce que je pourrais garder cette copie ?
-Bien entendu. Je l'avais faite spécialement pour vous, je me doutais que vous voudriez la garder pour pouvoir étudier plus longuement ce texte.
-Je vous remercie. Peut-être la comparaison de ces deux papyri pourrait-elle apporter quelque chose. Je l'espère... Est-ce que vous pourriez m'en dire plus sur ce qui était avec ce papyrus quand vous l'avez trouvé ? »
Jack Materel sortit d'autres feuilles de sa sacoche. « Ce sont les photos des objets qui se trouvaient dans la même 'pièce' que le papyrus. »
Isabelle observa avec intérêt ces photos. « Epoque Amarnienne... » Murmura t-elle.
« Comment cela ? Demanda Jack Materel qui n'avait pas compris ce qu'elle avait murmuré.
-Sur ces objets, on remarque des particularités du style amarnien assez flagrantes.
-J'avais aussi remarqué cela... C'est ce qui me semble le plus bizarre... Si vous dites vous même que ce papyrus est analogue à celui de Stroglan, comment se fait-il que les deux papyri soient distants de plus de 1500 ans ? De plus, que viennent faire des objets du style amarniens près d'un temple dédié à Osiris, Isis et Horus, alors que justement Akhenaton voulait faire détruire toute trace des dieux autres qu'Aton ! C'est vraiment le monde à l'envers !
-Il est vrai que tout cela est assez extraordinaire ! »
Après être sortis du restaurant, ils retournèrent à l'université. Une fois dans son bureau, Isabelle sortit une petite clé de sa poche, avec laquelle elle ouvrit un tiroir de son bureau. Elle en sortit un papyrus. « C'est une copie du papyrus de Stroglan, expliqua t-elle à Jack Materel. On va pouvoir les comparer de plus prés ! »
Ils passèrent une heure à essayer de trouver des points communs aux papyri. Quand Isabelle regarda sa montre, elle s'exclama : « Déjà 14h30 ! Mes étudiants vont m'attendre ! Ecoutez, je vous donne mon numéro personnel, peut-être pourriez-vous m'appeler ce soir, à partir de 20 heures?
-ça ne me pose aucuns problèmes.»
Elle donna donc son numéro de téléphone à l'égyptologue.